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31/07/2008

HEURES SUP

Ce qui se passe à l'éducation nationale concernant les heures supplémentaires est assez déprimant. Voir mon article ici

Commentaires

Le but de vos collègues qui refusent les heures supplémentaires ne me semble pas totalement blâmable. En effet, ne faut-il pas mieux demander des postes en dur que des heures supplémentaires alors que l’emploi du temps standard des enseignants, lorsqu’ils sont consciencieux, est déjà suffisamment chargé ?

Les méthodes de vos collègues, par contre, sont discutables…

Cela me fait penser à une anecdote que mon épouse a vécue lorsqu’elle était enseignante à l’université. Certains de ses collègues prenaient/ étaient obligés de prendre un nombre considérable d’heures supplémentaires, à tel point, que cela leur permettait, pour certains d’entre eux, de quasi-doubler leur salaire, et que l’on pouvait se demander quand ils trouvaient le temps de dormir… Ces collègues demandaient à corps et à cri la création d’un poste en dur pour éponger le gros de ces heures supplémentaires. Lorsqu’enfin, après de longues démarches, l’administration leur accorda ce nouveau poste et que son titulaire fut dans les murs, ce fut un dur combat pour obtenir des mêmes collègues qu’ils lâchent un tant soit peu des heures supplémentaires pour pouvoir constituer le service de ce nouvel embauché !!!

Vous voyez que les heures supplémentaires peuvent être la meilleure et la pire des choses… surtout dans une administration dont ses employés ont tendance à considérer qu’elle est, peu ou prou, leur propriété.

A part cette constatation, je voulais vous féliciter pour votre beau livre « Autopsie de l’école républicaine » que je viens de finir de lire et dans lequel j’ai retrouvé bon nombre de mes idées sur l’état de notre école. Les anecdotes que vous donnez sont hilarantes et pathétiques. Votre témoignage donne des arguments supplémentaires aux antipédagogistes (dont je suis) et particulier au sujet des collèges de ZEP pour lesquels nous disposions de peu de témoignages. Les explications que vous donnez à cette catastrophe qui se produit dans l’école de nos pays développés, sont très intéressantes. Je dois avouer que je n’avais pas songé auparavant que cette quête effrénée de modernité que vous stigmatisez pouvait être la cause profonde de cet échec de l’école. Vous sous-entendez à la fin de votre livre qu’il pourrait y avoir une cause à cette cause, une cause psychologique peut-être. Je pense comme vous qu’il faudrait gratter cela pour comprendre comment on a pu en arriver là. En tout cas, je vous sais gré de ne pas avoir sorti la sempiternelle thèse du complot : complot du capitalisme contre le savoir, et autre baliverne.

Votre livre devrait particulièrement intéresser Laurent Lafforgue, parce que vos réflexions me semblent bien en phase avec les siennes, parce que vous travaillez en ZEP et que nous ne disposons pas de beaucoup de témoignages sur ce type d’écoles, parce que vous êtes professeur de mathématique aussi. Avez-vous eu des contacts avec lui ?

Votre livre devrait aussi intéresser Alain Finkielkraut, lui qui disait de trois de vos collègues de lycée interviewées dans le reportage «Education Nationale : un grand corps malade » : elles sont « le sel de la terre ». Si j’en juge à votre réflexion, vous méritez aussi ce titre enviable.

J’ai mis un mot sur votre livre dans le forum du site « Lire-Ecrire » auquel je participe régulièrement (http://www.lire-ecrire.org/forum.html?tx_mmforum_pi1%5Baction%5D=list_post&tx_mmforum_pi1%5Btid%5D=87&tx_mmforum_pi1%5Bfid%5D=17)
N’hésitez pas à venir vous mêler de nos discussions si le cœur vous en dit !

Très cordialement,

Philippe Brinon

Écrit par : P.Brinon | 03/08/2008

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