Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

24/01/2009

Absentéisme

L'annonce de la création de 5000 postes dont l'objet est d'aller chercher les élèves qui ne viennent pas est assez désarmante. Oserai-je signaler à notre ministre que, grâce à l'absentéisme de certains élèves, certains autres ont une chance de pouvoir assister à quelques cours plus ou moins normaux? Parions qu'il a pris cette décision sur un coup de tête, pressé qu'il était d'annoncer quelque chose ou d'utiliser des postes qui étaient mis à sa disposition. En ce qui concerne les lycées professionnels, il devrait savoir que la quasi-totalité des lycéens a dépassé l'age de l'obligation scolaire et que payer un "médiateur" pendant un an dont le travail consiste à sillonner les cités de banlieue pour tenter, dans un premier temps, de retrouver trois ou quatre jeunes de 17 ou 18 ans avant de tenter, dans un deuxième temps, de les convaincre de retourner à l'école est une idée juste un tout petit peu saugrenue. Mais dans quel monde vit-il pour s'imaginer que, même dans l'hypothèse totalement invraisemblable où ces jeunes revenaient au lycée, ce serait pour y suivre correctement des cours ???
Quant au collège, et c'est un sujet que je connais bien, il faut savoir que l'absentéisme lourd est d'abord motivé par la certitude de l'échec, et que cette certitude donne à l'élève trois possibilités: empêcher ses camarades de travailler, dormir ou ne pas aller à l'école. Le problème majeur du collège est justement la présence de ceux qui n'ont rien à y faire. C'est en tout cas le fléau organisé par l'état qui brime et frappe les familles des quartiers difficiles en leur infligeant la présence de quelques enfants déglingués dans leurs classes. Et maintenant, le ministre paye des gens pour aller chercher ceux-là quand ils ne viennent pas à l'école ! S'il avait décidé de punir les enfants défavorisés, d'empêcher les pauvres à tout prix de suivre une scolarité normale, il ne s'y prendrait pas autrement. Mais ce n'est pas l'objectif de Xavier Darcos qui n'est sans doute qu'un brave homme plein de bonnes intentions. (C'est précisément ce qui en fait un redoutable cantonnier des routes de l'enfer.)
Je disais dans mon bouquin qu'il fallait s'attendre à ce que les ministres créent bientôt des "Brigades de citoyenneté" ou des "Equipes d'agents républicains de civisme". J'avoue que "Médiateurs de réussite scolaire", c'est encore plus fort. Autant de bons sentiments noyés dans une telle démagogie, ça m'effraie. Et je préfère encore ne pas parler de ce que cela induit sur le sens que donne le ministre à "réussite scolaire"...

20/01/2009

Réforme du lycée : Descoings

Rien à faire, c'est encore et toujours la même histoire. Pourquoi Richard Descoings, symbolisant plus ou moins la fameuse "positive action" à la française, déclare-t-il que sa première préoccupation pour la réforme du lycée est de "partir des aspirations des lycéens" ?
J'avoue ne pas comprendre pourquoi un homme certainement sensé et compétent devient soudain délirant et ignorant dès qu'il est en charge de l'école.
Ne sait-il donc pas que les lycéens, pour une écrasante majorité, sont des enfants et que l'on ne base pas l'éducation des enfants sur leurs "aspirations" ? Peut-il comprendre que, si on est lycéen, c'est précisément pour apprendre un monde que l'on ne connait pas, et qu'il est donc assez peu vraisemblable qu'on en dise des choses intéressantes ? S'imagine-t-il que c'est en les caressant dans le sens du poil qu'il sera mieux accepté par les lycéens ? Croit-il que pour prendre des décisions de politique éducative, il est nécessaire d'être bien accepté des lycéens? et que dans ce seul objectif, on peut raconter des âneries aussi énormes ? Pense-t-il que les deux millions de lycéens qui ne rentrent pas en classe prepa sont ceux "qui n'ont pas eu leur chance" ? A-t-il la moindre idée du niveau d'un bachelier quelconque ?
Une fois de plus, ça part mal.
Hypothèse 1: il sait que les lycéens n'ont rien à dire, et ses déclarations mensongères sont destinées à les amadouer parce qu'il en a peur. Il a tort et il commet exactement la même erreur que Darcos qui s'est trouvé en position de faiblesse face aux élèves car il avait cru malin de leur dire: "Ce que vous pensez m'intéresse".
Hypothèse 2: il pense que les lycéens ont des points de vue sur lesquels on peut baser une réforme et il est fou à lier.

Les lycéens n'ont en réalité strictement rien à dire sur l'école (comment pourrait-il en être autrement?). Ils sont limités à répéter, de bonne foi et parfois même avec conviction, ce que leur en disent leurs profs en direct ou dans Libé.
Les "aspirations des lycéens", si ça existait, ça se saurait. Et puis, on les trouve où ? Dans les organisations lycéennes, peut-être ? Dans des organisations qui "représentent" environ 0,4% des élèves et où des pauvres gamins de 17 ans se croient rebelles en moulinant toute la journée des discours usés de vieux syndicalistes, un charabia bien pensant des années 80 et une langue de bois dont Georges Marchais n'aurait pas voulu ? Ces quelques-uns là disant "représenter" les lycéens, c'est un peu Jacques Cheminade et Antoine Waechter se déclarant soudain représenter les Français.

15/01/2009

BFM

Participation aux "Grands Debats" de Nicolas Doze sur BFM radio le 7 et le 13 janvier.