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10/11/2009

Classes préparatoires: VIVE LA TéLé !

Les « envoyés spéciaux » de France 2 nous ont livré jeudi dernier un reportage de 50 minutes sur les classes préparatoires. C’est certes une bonne idée, même s’ils ont évidemment (et à tort) mis l’accent sur la « formation des élites », ce qui n’est qu’une toute petite part de la réalité des classes préparatoires. Car il n’y a pas en France que Henri IV ou Lakanal. Sans doute motivés par l’envie de parler de cette fameuse élite (quelques dizaines de jeunes gens par an) et des psychodrames de ses échecs pour exciter les familles et donner un petit côté Star'Ac à la chose, les journalistes ont oublié de préciser que l’immense majorité des classes préparatoires sert à donner une vraie formation permettant de prétendre à de bonnes écoles, et pas seulement aux grandes et aux très grandes.

Le reportage était plutôt plaisant, plutôt sympathique, mais il était difficile de ne pas remarquer que, sur 47 minutes, les enseignants n'avaient parlé que moins de cinq minutes. Les quarante-deux autres étaient évidemment consacrées à la parole des étudiants. Classique. Comme quoi, il n’y a pas qu'à l'éducation nationale que l’on met l’apprenant au centre pour qu’il nous explique son point de vue en détail. Mais il y eut, pendant ces cinq minutes de paroles de professeurs, un moment de grâce, une minute qui valait bien plus que les 46 autres, une minute qui valait largement de regarder toute l‘émission. C’était la simplicité, la limpidité, l’intelligence et le bon sens avec lesquels Madame Marie-Paule Caire, professeur d’histoire, nous rappelait des évidences malheureusement inconnues de tous les ministres de l‘éducation nationale: « J’appartiens à une génération qui pense que le goût de l’effort s’apprend et qu’ensuite c’est payant à vie. On est dans une société où on parle souvent à tort et à travers de respect et je pense que le plus grand respect qu’on doive à un adolescent, c’est justement de lui apprendre à être exigent avec lui-même, par rapport à ses possibilités et à ce qu‘il peut faire. Ce sont des choses auxquelles je crois ».

Ce que les journalistes ne pouvaient peut-être pas comprendre, c’est que Madame Caire ne parlait pas des classes préparatoires, mais d’éducation. Elle évoquait une certaine vision de l’éducation elle-même, à travers un cas particulier. Et elle finit, dans un charmant sourire dont je n’ai pas su s’il était optimiste ou ironique : « Je pense que mes collègues partagent ces convictions ».

Je crois en effet que nous sommes assez nombreux à penser cela, en tout cas dans les générations des plus de 50 ans. Mais il n’est pas interdit de rêver à ce que pourrait être l’éducation nationale si un ministre pouvait entendre ces mots et les comprendre.

Merci, Madame Caire.

Commentaires

Je partage votre conseils du sujet, et on vous suis vraiment reconnaissant d'avoir donnée autant de renseignement sur votre blogging.

Écrit par : bonus paris en ligne | 13/05/2014

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Écrit par : pari sur france honduras | 12/06/2014

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