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27/12/2009

Meirieu, l'écologie, le vent

Je m'étais juré de ne jamais parler politique. Ne m'en veuillez pas mais là, je n'ai pas le choix. Il y a un mois de cela est paru un article dans le Monde intitulé "Lycées: changer le logiciel !". J'avais lu rapidement sans prêter attention au nom des auteurs. En pleine réforme, c'était encore un de ces "coups de gueule" quotidiens dont les journalistes raffolent, mais qui s'avère être convenu, banal et ennuyeux. Pour être tout à fait honnête, je fus, pendant sa lecture, extrêmement surpris que Le Monde publie un texte aussi mauvais, aussi creux et aussi mal écrit. "La France a mal à son lycée et peur de ses lycéens". Grotesque et mal dit aurait commenté un correcteur. Tout le texte était du même tonneau, osant (c'est à ça qu'on les reconnaît) des "lycées éco-citoyens", voulant se donner de grands airs de tribune qui fera date, mais tombant à plat comme la dissert' mal foutue d'un adolescent qui se prendrait pour Zola. Et les auteurs en étaient... Cécile Duflot et Philippe Meirieu !!! Oui, vous avez bien lu ! (Il y avait un troisième auteur sans importance dont j'ai oublié le nom, un élu de région venant cosigner vraisemblablement pour donner un peu de corps à la chose). Voila. Docteur Philippe Meirieu, après avoir prodigué lavements à répétition et saignées curatives au ministère de l'éducation nationale, va donc faire son trou en politique ! Et chez les verts ! (Je me souviens d'un discours de Dominique Voynet pour la présidentielle de 2007 dans lequel elle encensait déjà Meirieu, le coup se préparait donc de longue date.) En tout cas, sa position en tête de liste a été approuvée par 85% des militants, ce qui en dit long sur le profil des militants. Sans doute va-t-il les noyer sous des flots de bonnes paroles vaines et dans les profondeurs de ses océans de discours flatteurs et ineptes. En tout cas, maintenant, nous voila informés : Meirieu tête de liste des verts en région rhône-alpes. En fait, juste après être un peu drôle, ça devient très vite assez pitoyable, cet échange entre le vieux démagogue à la retraite et un parti qui ramasse n'importe qui et n'importe quoi dès qu'il sent qu'il y a de la belle parole à fourguer et du bulletin de vote à ramasser. Tout cela me suffit pour ne plus JAMAIS voter vert.

21/12/2009

L'histoire de l'histoire.

Mais attention ! C'est pas obligatoire !

L’histoire de l’histoire en terminale S est assez symptomatique. Reprenons : la réforme du lycée se propose de retarder le choix des filières, de l’assouplir, de casser le processus naturel qui faisait se regrouper les meilleurs élèves, de diminuer sensiblement les heures de cours (dans toutes les matières ou presque), donc de baisser le niveau général pour faire du « soutien personnalisé » aux élèves en difficulté, de réduire les programmes à un tel point qu’il sera possible de changer de section après avoir suivi une semaine de remise à niveau pour rattraper tout un trimestre. Bref, voila une réforme qui crée le lycée unique pour prolonger le collège unique.

Visiblement, le gouvernement veut s’assurer à tout prix qu’il suffira d’assister à quelques cours en bâillant d’ennui pour décrocher son bac avec mention, que tous les élèves pourront maintenant aller du CP à la terminale en pilotage automatique et que les meilleurs élèves ne pourront surtout pas se regrouper (des fois qu‘ils aient des velléités d‘exigence envers eux-mêmes). Nul doute que les statistiques de "réussite" vont encore augmenter. Les élèves faibles et les élèves excellents seront neutralisés en même temps par une arme universelle et unique : un programme médiocre pour tout le monde. Alors on peut se demander pourquoi tant de gens se sont rués sur ce presque détail de la suppression de l’histoire obligatoire en terminale S. Eh bien voila, sans aucun doute, la vraie raison de cet emballement généralisé : parce que la mesure était facile à comprendre et à mémoriser. Plutôt que de lire précisément la réforme et de se pencher sur le sens et la direction de cette usine à gaz, on s’est raccroché, pour la critiquer, à un élément simple et compréhensible, y compris par ceux qui ne connaissent rien au problème. Aussi, tout le monde peut y aller de sa déclaration la main sur le cœur, de sa pétition indignée et de son discours lyrique. Même Alain Finkielkraut a foncé tête baissée pour cosigner avec Philippe Meirieu, c‘est dire l‘emportement. Je n’ose même pas imaginer le degré de connaissance qu’ils ont l’un et l’autre des actuels programmes de terminale. Si on interviewait les "grands" noms signataires de ces pétitions en leur annonçant la future suppression du français en terminale S, il y a fort à parier que plus de la moitié d'entre eux se lèveraient de leur chaise pour crier au scandale et appeler à l’insurrection, à coup sûr ignorant que le français en S a déjà été supprimé il y a tellement longtemps qu’on ne se souvient plus de la date.

16/12/2009

Comparaisons internationales et cohérences

Le 14 décembre, j'ai participé à une table ronde sur la performance scolaire et les comparaisons internationales organisée par le Centre d'Analyse Stratégique. Voici le texte de mon intervention.