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15/07/2011

Distrait

Il y a quelques semaines, le site skhole.fr a publié une sonte sur les violences scolaires que j'avais fini de rédiger en octobre dernier. Elle m'avait été commandée par Fondapol, dit le "think-tank de droite", mais ils avaient finalement décidé de ne pas la publier. La voici donc. La première partie du texte se retrouve à peu près dans mon bouquin, mais pas la deuxième partie, puisqu'il s'agit de propositions, seize au total.

05/07/2011

Le ministère du théâtre

Vendredi dernier, Le Monde.fr a publié cette. tribune.

13/01/2011

Le Retour des Sciences de L'éducation

Je ne suis pas certain que l'on puisse vraiment parler de retour dans la mesure où il n'y a (malheureusement) pas eu de départ, mais disons que l'imposture des sciences de l'éducation a été si souvent mise à jour par d'innombrables témoignages qu'il fallait vraiment être ministre pour ne pas la voir. En tout cas, il me semblait qu'à part quelques esprits simples, tout le monde avait compris. 

Hélas, c'était sans compter avec la violence scolaire, nouveau phénomène de l'éducation ! Car les violences à l'école sont la grande chance des sciences de l'éducation, elles constituent une véritable aubaine, une occasion unique de reprendre le pouvoir. Finis les risques de relégation des sciences de l'éducation avec la mastérisation qui détruisait les IUFM, leurs bases militaires et logistiques. On est aujourd'hui face aux violences scolaires comme on l'était face à la modernisation de l'école dans les années 70 : on sent bien qu'il faut faire quelque chose, mais personne ne sait ni quoi ni comment. Alors, on fait appel à des experts et des scientifiques qui n'ont d'expert et de scientifique que le nom. De même s'était imposé dans les années 60 et 70 un groupe d'individus se présentant comme des spécialistes. On les a donc laissé faire tout ce qu'ils voulaient sous l'excellente raison qu'ils étaient des chercheurs et qu'ils savaient ce qu'il fallait savoir. Programmes et structures, tout a été laminé. C'est ainsi que les sde avaient pris le pouvoir à l'éducation nationale. Et aujourd'hui, ils nous refont le même coup avec les violences scolaires: des "spécialistes" se présentent comme des chercheurs, des scientifiques. Et ça recommence. Le très fameux "conseil scientifique" des états-généraux d'avril 2010 vient de (tenez-vous bien ) former des formateurs de formateurs à la tenue de classe. Rien que ça, ils sont des formateurs de formateurs de formateurs à des situations qu'ils n'ont JAMAIS connues. Franchement, c'est pas trop fort? Car les brillants scientifiques et chercheurs, experts des experts dans la tenue de classe, n'ont jamais tenu une classe. Vous pouvez regarder la liste,pas un seul n'est enseignant dans le secondaire. Mais ce n'est pas très grave puisqu'ils sont experts, me direz-vous. Et vous avez raison, c'est simple comme ça les sciences de l'éducation.

Cela dit, cette situation ubuesque mettant en scène de pathétiques imposteurs et des hommes politiques aveugles errant sur la lande, n'a pas que des aspects pitoyables ou comiques. La dimension tragique est que, à écouter certains propos de nos "scientiques" inconscients et joyeux, les formations qu'ils mettent en place pourraient bien démultiplier les violences au lieu de les freiner... 

24/11/2010

Cope-Juliard, le tandem hi-tech

Les personnels de l’éducation ont dû s’inquiéter il y a quelques semaines en lisant les déclarations de Jean-François Copé et Bruno Julliard (1). Non pas que ces deux personnalités annoncent des projets percutants, mais que leurs propos éveillent des soupçons quant au sérieux de leurs auteurs. Le premier propose d’établir un examen de passage en sixième, le second lui répond qu’il ne convient pas d’ajouter encore de la sélection ou de la compétition à l’école, l’autre affirme alors qu’il s’agit d’obtenir 100% de réussite. Il est difficile de faire plus court dans l’échange d’hommes politiques pour apporter la preuve de leur méconnaissance du sujet d’une part, et pour constater que la communication est l’objectif numéro un de leur réflexion d’autre part.  

La mise en place d’un examen est la dernière étape de la construction d’un système, et y réfléchir sans savoir ce qu’il y a derrière n’a aucun sens. S’il y a examen, c’est qu’il y a alternative, diversification des voies. Par exemple, un lycéen passe son bac avec une mention TB, ou sans mention, ou encore il y échoue. Alors il est admis dans une grande classe préparatoire, ou bien à l’université, ou encore il doit chercher autre chose. La question fondamentale, qui ne semble pas avoir effleuré nos deux intellectuels et qui se pose pourtant immédiatement et de toute évidence, est de savoir ce que l’on fait des élèves qui échoueraient à cet examen d’entrée en sixième. Je suppose que Jean-François Copé plaisante lorsqu’il évoque le redoublement. S’il est sérieux, je lui pose alors la question de savoir ce que l’on fait des redoublants qui échouent à l’examen. Quand à Bruno Julliard qui déclare refuser d’ajouter encore à une compétition ou à une sélection qui nuiraient déjà trop à notre école, je lui conseille de s’informer pour savoir comment fonctionne notre école. Je rappelle donc à nos deux éminents penseurs qu’aujourd’hui, de la petite section de maternelle jusqu’en fin de troisième au collège, il n’existe qu’un parcours unique et obligatoire pour tous les enfants. La compétition n’y a jamais existé puisqu’il n’y a jamais eu de concours, et la sélection n’y existe plus depuis 1975, date de la loi Haby. Bruno Julliard serait donc bien inspiré d’actualiser ses connaissances de notre système éducatif. Je ne parle évidemment pas ici d’enseignement spécialisé pour les enfants déficients. Et encore, pour l’intégration dans certaines de ces filières faut-il obtenir l’accord des parents.

Il est vrai que le ministère de l’Education Nationale est devenu expert dans la réalisation d’examens obtenant très précisément les résultats espérés, et mettre en place un examen avec 100% de réussite est un challenge qu’il est tout à fait capable de relever Mais que l’on me permette alors de soulever la question de l’opportunité d’une telle démarche qui s’inscrirait dans un parcours obligatoire et non sélectif. Afin de permettre à l’un et l’autre de nos deux experts de bien comprendre ces explications, usons d’une illustration qui donnera toute la mesure de la pertinence et de la cohérence de leurs propos. Jean-François Copé propose de planter un feu de circulation sur une autoroute droite, unique et sans intersection. Bruno Julliard lui répond alors qu’il ne faut pas rajouter encore une interdiction de circuler, ce à quoi l’autre répond : « Mais je compte bien que ce feu soit toujours au vert ! ». Pas de doute, nous sommes dirigés par de fins visionnaires.

(1)    Secrétaire à l’éducation du Parti Socialiste

19/10/2010

Violences scolaires: Responsables et coupables

Mon livre sur les violences scolaires - à  mon grand honneur préfacé par Laurent Lafforgue - est maintenant disponible.