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20/03/2010

LE JEU DE LA MORT ou LES NOUVEAUX DIAFOIRUS

Le documentaire diffusé le 17 mars sur France 2 était du niveau des émissions de télévision qu’il prétendait dénoncer. Racoleur et démagogique, il se mettait en scène lui-même dans la bêtise qu’il montrait. Tout cela a d’ailleurs été dit par bon nombre de commentateurs comme par exemple celui de Rue89 qui démonte en détails la supercherie.

Ce qu’il faut également souligner, c’est l’imposture scientifique de plus en plus fréquente à la télévision, et c’en était là un parfait exemple. Les « experts », les « spécialistes », plus habitués aux plateaux de tournage qu’aux études, étaient d’un niveau intellectuel n'inspirant qu'une confiance toute relative. Enonçant des banalités affligeantes qu’ils tentaient de maquiller sous une formulation précieuse et pédante, ils tentaient de nous faire croire qu’ils avaient quelque chose à dire. C’est dans ce genre de programme que l’on réalise à quel point la psychologie souffre surtout des psychologues. Et ne parlons pas des hypothétiques « critères scientifiques » restés mystérieux quant au choix des participants. Le tout dans une mise en scène prétentieuse osant sans honte utiliser la bande originale d’Orange Mécanique.  Mais l’imposture scientifique ne s’arrêtait pas là puisqu’on avait ensuite droit à un débat de supposés intellectuels. La duperie allait prendre des proportions encore plus importantes puisque les intervenants, présentés comme des psychologues et philosophes, étaient avant tout des gens de médias (journaux, télévision et radio). C’était le retour du psy-show des années 80 appliqué cette fois non pas à un couple mais à la télévision elle-même.

Pourquoi parler ici de cette navrante émission ? Pour deux raisons :

d’abord parce que ses travers sont semblables à ceux dont souffre l’éducation. En effet, on a affaire à des imposteurs érigés en spécialistes et qui, de façon totalitaire, imposent leur morale et se servent de leur audience pour en faire une bien-pensance universelle contre laquelle il sera impossible de lutter sans passer, non pas pour un rebelle, mais pour un réactionnaire. Ils le font par le biais de données incomplètes ou faussées, par une méconnaissance du réel et par des raisonnements simplistes ou incohérents. Il en est ainsi depuis les années 60 dans l’éducation avec les sciences de l’éducation, véritable imposture dissimulée derrière de la pédanterie. Leur talent, qu’il faut tout de même leur reconnaître, est de se faire passer pour des rebelles alors qu’ils détiennent le pouvoir. Ainsi en est-il de ce documentaire à gros budget, financé par une chaîne publique, bénéficiant d’une promotion hors du commun, réalisé et produit par des gens en place depuis longtemps dans la télévision qu’ils prétendent dénoncer.

Ensuite parce que pendant le débat, tenu par des gens de média je le répète, venus aussi pour faire leur promotion comme animateurs (donc tentant de se faire remarquer comme tels), pendant ce débat, donc, on a entendu des propos extrêmement inquiétants, sur l’éducation notamment. Puisque il était de bon ton de le faire, les participants se sont livrés à une véritable apologie de la désobéissance. Ils n’y sont pas allés de main morte, puisque l’un des participants, disons-le le plus imbécile de tous, comparait un animateur d’un jeu télévision… à un Kapo nazi.  Tous étaient d’accord pour dire que nous vivons dans un monde trop obéissant...  On a aussi pu entendre que la désobéissance s’apprenait. Avec une gaffe aussi grossière, on repère facilement les imposteurs se faisant passer pour des scientifiques puisque c’est un propos incohérent (inconsistant dit-on en mathématiques) : il est en contradiction avec lui-même. En effet, chacun comprendra qu’on ne peut pas enseigner à désobéir puisque si l’élève reçoit l’ordre de désobéir, il faudrait qu’il obéisse pour désobéir. En fait, il s’agit même de la seule chose qu’on ne puisse pas enseigner. Mais, comme ceux qui ont la parole publique, donc le pouvoir, tiennent ce genre de discours, on peut s’attendre à ce que la très fameuse « désobéissance civile » fasse un jour son entrée dans les programmes officiels de l’école, histoire de s’assurer que nous n’avons pas des élèves trop obéissants (serait-ce le cas ?). L’idée sur laquelle chacun s’accordait est que désobéir est d’abord un acte de courage et d’héroïsme associé à la Résistance, alors que l’obéissance est une soumission à un pouvoir autoritaire. Puisque, d’après les brillants intellectuels réunis, tout le monde obéit trop facilement, il fallait donc textuellement : éduquer les enfants à la résistance, leur apprendre à être insoumis, leur donner une éducation contradictoire, leur apprendre le plaisir de la transgression, leur enseigner à penser librement et même : « se libérer des canons de la décence ».

 C’est bien parce que ces discours imbéciles et assassins de l’intelligence du monde sont tenus par des gens de pouvoir qu’il n’y a que peu d’espoir à avoir sur une quelconque prise de conscience des maux qui nous rongent. Ils sont tous devenus fous.

28/02/2010

Les Echos des enfants de pauvres

Révolté par les réactions politiquement correctes mais totalement ignares de Descoings et de Minc (entre autres) et qui ne montrent rien d'autre que leur incompétence sur le sujet de l'éducation, j'ai co-signé avec Laurent Lafforgue une tribune parue dans LES ECHOS du 12 février sous le titre "Comment on empêche les enfants de pauvres d'accéder à l'élite".  Cela aura au moins eu pour mérite de rappeler quelques vérités indiscutables que l'on se plait à faire semblant de ne pas voir.

10/02/2010

Océans: le grand vide

Les films « tous publics » à succès, a fortiori lorsque dotés de budgets importants, sont parfois assez révélateurs sur l’état de nos sociétés. Et lorsqu’ils sont orientés vers un jeune public, ils peuvent même se montrer très éclairants sur nos principes éducatifs (voir Pierre et les loups). Dans OCEANS, il n’est pas directement question d’éducation, mais du symptôme d’un mal qui ronge notre monde et le fait doucement sombrer vers le néant. Ce symptôme s’exhibe ici sans retenue, et même avec fierté ; il est étrange, sournois, parfois charmeur, souvent flatteur et témoigne parfaitement de ce mal qui nous submerge : le désintérêt pour la connaissance d’autre chose que de soi-même.

Pendant une heure et quarante minutes, le film nous montre des images de la vie sous-marine sans nous en dire un seul mot, sans vouloir rien nous en apprendre. De quel animal il s’agit, de quel rivage, de quelle migration, de quel crustacé, de quel oiseau, de quel poisson, de quelle profondeur, de quelle mer, de quelle latitude, de quel rite étrange, de quelle créature étonnante, de quelle bataille entre qui et qui, de quelle course, de quel jeu, de quelle nourriture, de quelle vie et de quelle menace de mort, de tout cela on ne saura rien. Absolument, définitivement et strictement rien. Cette volonté morbide de ne rien nommer est cauchemardesque et hautement inquiétante. Ce refus du langage peut aussi se dire refus de la compréhension du monde, refus même de son appréhension, voire déni de son existence. Son spectacle n’est plus qu’un divertissement destiné à exciter un peu des sens émoussés et paresseux. Le regard n’est plus tourné vers l’autre mais vers soi-même, on n’est venu chercher que ses propres sensations, on ne se soucie pas de savoir si les deux animaux à l’image se frottent ou se heurtent, s’ils sont en train de s’aimer ou de se battre. A l’écoute exclusive de soi, on attend d’être surpris, on ne guette plus que le simple et misérable effet qui ne pourra nous faire dire qu’un pathétique « Oooooh ». Lentement on renonce au langage et à son articulation. Pendant toute la projection, on est renvoyé à soi-même, focalisé sur ses seules sensations. Ce film, censé nous ouvrir sur un monde inconnu, nous plonge en réalité dans une pitoyable introspection, à l’affût d’un moindre frémissement intérieur et inarticulé sur lequel nous pourrons alors nous épancher et nous répandre en gémissements comme le font si bien les sinistres participants à ces émissions de télévision injustement appelées téléréalité, et qui puent la mort.

Mon petit garçon de cinq ans a réagi  comme tous les autres enfants. Son réflexe naturel a été de me demander dès les premières minutes : « C’est quoi ce poisson ? Et qu’est-ce qu’il fait, là ? Et puis qu’est-ce qu’il est en train de manger ? Et c’est où ? Et pourquoi il fait toujours comme ça ? ». Son premier réflexe, naturel j’insiste, était celui de n’importe quel enfant ou d’adulte normalement constitué : son réflexe naturel, humain, était de vouloir nommer, savoir, connaître et comprendre. Pour une raison obscure, les auteurs ont jugé que ce n’était pas la bonne approche et qu’il était plus enrichissant d’être à l’écoute de ses émotions, sans comprendre qu’une émotion est justement toujours le fruit d’une connaissance. Finalement, comme moi, mon petit bonhomme a dû se résigner à regarder des images comme un animal sans langage, c’est-à-dire bêtement. Plus tard, pendant le film, alors qu’il avait cessé de poser toutes ces questions auxquelles je ne pouvais pas répondre, il a eu une réaction étonnante. En se redressant soudain sur son siège, bien décidé à mettre fin à un doute qui devait le gêner, il m’a dit, assez fort et d'un ton un peu excédé : « Alors bon, ce poisson-là, est-ce qu’il existe vraiment ? ». Comme l’ont fait à coup sûr tous les jeunes enfants en voyant le film, il a fini par se poser la question de l’existence de ce qui n’est pas nommé, de ce qui n’a pas de nom. C'est cette question, celle du lien entre réalité et langage que les auteurs auraient été bien inspirés de se poser. « Mais enfin, a-t-il dû penser, puisqu’il n’y a aucun mot pour parler de tout ça, ça ne doit pas être vrai. »   

Les auteurs, paraît-il, ne voulaient pas un film didactique. Sans doute, dans leur esprit, apprendre quelque chose n’est pas seulement rébarbatif, c’est aussi appauvrissant, puisque cela éloigne de soi. Alors, pour distraire le spectateur gras, inerte, satisfait et s’exprimant par onomatopées (spectateur auquel nous sommes donc supposés ressembler, et, dans le cas contraire, en lequel le film tente de nous transformer), Perrin et Cluzaud se lancent dans une surenchère de plans alternant performance technique et effets de surprise. On n’y trouvera aucune cohérence, aucun fil, aucun sens, aucune orchestration, aucune construction, aucun récit. On retrouve là un des grands principes éducatifs qui ont ravagé notre école : privilégier l’approche globale d’un tout jugé confus et insécable en s’en remettant à ses impressions. La sensation de l’individu s’est hissée debout sur le dos de la réalité d’un monde dominé qui ne sera bientôt même plus perceptible. Personne ne sait de quoi l’on parle, et d’ailleurs, on n’en parle pas. Dieu merci, nous avons, mon fils et moi, trouvé le film interminable et ennuyeux au possible, ce qui, avec le recul, est plutôt rassurant.   

Je ne parlerai pas du commentaire minimaliste mal écrit, pauvre et ronflant sur l’homme, la nature, sa destinée etc. qui illustre parfois des scènes où Jacques Perrin et son fils déambulent, l’air sombre, sans échanger un seul mot. Si la motivation des auteurs était de nous alerter sur les risques qui pèsent sur l’environnement, alors c’est une idée incompréhensible que de ne pas vouloir expliquer et convaincre. Et je ne leur ferai pas l’injure d’imaginer que leur motivation ait été de faire une « œuvre d’art purement émotive ». En tout cas, ce film est bien dans l’air du temps : il colle à la grande mouvance des idées qui sont en train de faire de nous une peuplade de schizophrènes.

Michel Segal

 

On voudrait ici et là saisir le pourquoi de tel comportement ou le comment de telle espèce. Mais les auteurs ont pris le parti de ne pas verser dans le propos documentaire et didactique.

Ouest France (Une des rarissimes critiques qui ose soulever la question.)

 

Le commentaire, sobre, réduit à presque rien, ignore le discours didactique et le cours d'histoire naturelle. Le maître mot y est l'émotion.

Le Monde (Admiratif et con comme d’habitude devant tout ce qui est nouveau)

25/01/2010

Pauvre Afrique

J'ai été littéralement effondré en apprenant aujourd'hui que, pour oeuvrer dans l'aide à l'éducation en Afrique (notamment dans le domaine du numérique), le gouvernement faisait appel à GABY COHN-BENDIT. Quand on connait le vieux soixante-huitard attardé, véritable caricature du baba-cool des années soixante-dix, prêcheur de l'expression libre des enfants, combattant de notre école qu'il juge répressive et sélective à outrance, il y a de quoi être aterré. Car ce modèle d'école qui a détruit notre enseignement, la France veut maintenant l'exporter chez les pauvres. La France veut bien "aider" l'Afrique, mais à condition de lui imposer son propre cauchemard. D'après le gouvernement, Gaby Cohn-Bendit est un "expert" en éducation. Mais bien sûr, ce doit être à la manière de "Francis le lyonnais", grand expert en coffre-forts: il savait comment les éventrer. Cette façon d'aller aider les pauvres en leur disant "On va vous montrer comment il faut faire" et en leur imposant un clown qui ne fait même plus rire, cette façon de faire est simplement odieuse. Peut-être voulait-on caser et cacher le frère peu glorieux d'une nouvelle idole politique et lui a-t-on trouvé ce job en pensant qu'ainsi on ne le verrait pas trop. L'Afrique, après tout, tout le monde s'en fout, il peut bien faire ce qu'il veut avec, cela n'a aucune importance. Lors d'un débat avec Peillon, on a pu l'entendre déclarer par exemple: "je ne suis pas de ceux qui disent que les enseignants sont des gens formidables. Je n’aime pas mon pays ! Cette école qui crée les nationalismes ! Je n’aime pas l’école parce qu’elle n’est pas aimable ! "  Mais il y a peut-être d'autres raisons de nous ressortir aujourd'hui cet amuseur malgré lui (il y a une dizaine d'années, on l'invitait sans des débats à la télévision pour faire rire). Peut-être qu'il s'agit d'une manoeuvre du PS pour exhiber l'épouvantail qui donnerait alors la pire image de son frère ? En tout cas, la pauvre Nathalie Kosiusko-Morizet n'a rien vu ni compris et a cru bon de l'employer elle aussi, peut-être dans une pathétique tentative de démagogie. (On a ainsi une idée de sa connaissance des dossiers.) Le vrai talent du bonhomme, c'est d'avoir réussi pendant des années à être professeur d'allemand sans élèves, toujours embauché par différents ministres dans des projets fumeux, du genre "éducation alternative et libertaire". En tout cas, si les représentants de la France osent s'autoriser une attitude aussi méprisante, indigne et prétentieuse, c'est bien parce que nous sommes riches et qu'il s'agit d'un pays pauvre (Burkina-Faso ou Sénégal, je crois). Tout cela me donne la nausée.

12/01/2010

Violence ou violence scolaire

Un lycéen poignardé par un autre à l’intérieur d’un établissement, c’est presque un enfant qui en tue un autre, et c’est d’abord une tragédie pour deux familles. Je me souviens d’une réplique de cinéma très forte, mais dans un film que j’ai en revanche oublié. Un homme sentant qu’il risquait de mourir de la main d’un garçon qui devait avoir l’âge d’un lycéen, disait à son jeune bourreau: « Si tu fais ça, ma mère pleurera beaucoup, mais la tienne, elle sera inconsolable. »

C’est d’abord à cela que m’a rappelé le récent fait divers au lycée du Kremlin-Bicêtre: deux familles qui se préparent vraisemblablement à vivre des années de douleur et de regrets, deux familles peut-être détruites et condamnées à vivre dans le passé.

Alors il aurait été tout à l’honneur des politiques, et notamment des membres du gouvernement, de garder un peu de décence pendant au moins quelques jours avant de commencer à discourir pour se répandre en bêtises et nous montrer une fois de plus qu‘ils ne songent qu‘à communiquer, ce qu’ils font d’ailleurs avec un souverain mépris de la vérité. Non pas qu’ils soient des menteurs (pas cette fois en tout cas), mais qu’ils semblent se refuser à comprendre ce qu’est la vie, ce qu’est le monde.

A mon sens, ce drame ne relève en rien de la violence scolaire. Un différend entre deux adolescents peut arriver n’importe quand, n’importe où et se terminer tragiquement par la faute d'un mauvais concours de circonstances. Combien de tragédies ainsi évitées « par chance » ? L’école, la rue ou un centre commercial, tout cela ne fait pas grande différence.

Mais les politiques n’ont pas le sens de l’honneur. Alors, ils se précipitent pour tout mélanger et nous servir une espèce de mixture indigeste. Des surveillants, des tuteurs, des médiateurs de réussite, la sanctuarisation de l’école, les portiques de sécurité, pas assez de personnel, la faute à la région, la faute aux suppressions de postes… Sont-ils réellement aussi bêtes qu’ils le revendiquent eux-mêmes pour tenir des discours aussi insensés ? pour évoquer des raisons aussi stupides ? pour tenter de « rebondir » sur ce drame pour en faire un « Ah ! Vous voyez que… ». ?

On est dans l’illusion sécuritaire quand on dégaine un discours et une analyse au lieu de baisser la tête pour se recueillir en silence et respecter la peine des gens. Je ne crois pas qu‘il existe des lois contre le dépit amoureux (dont j‘ai cru comprendre qu‘il était à l‘origine du drame). En revanche, on peut peut-être poser la question de savoir pourquoi les jeunes gens sont de plus en plus irascibles, susceptibles, agressifs, et parfois même si aisément paranoïaques et impulsifs. Le garçon qui sort un couteau dans une altercation de la sorte, disons-le, ressemble plus à Joe Ricci dans un film de maffieux new-yorkais qu’à ce que l’on attend d’un élève de terminale. Or, il faut dire que les élèves incontrôlables et caractériels sont de plus en plus nombreux. Tout le monde redoute leurs colères, de leurs camarades de classe… à leurs professeurs. Il est très fréquent de voir, autant au collège qu'au lycée, et y compris pendant les cours, des élèves prêts à se battre ou à hurler des insultes parce qu’un autre a dit un mot qui ne leur a pas plu ou même parce qu’il lui aura jeté un « mauvais regard ». Le traitement de ce genre d’incident (sanction insignifiante) entraîne les élèves à ne pas même tenter de se contrôler, je dirais même à ne surtout pas tenter de se contrôler. La première raison est que l’école pardonne toujours beaucoup plus facilement les faits commis sous l’emprise de la colère, et les élèves finissent par la cultiver en la laissant exploser d‘autant plus librement, voire en la démultipliant volontairement. La seconde raison est que ne pas freiner ses humeurs et ses impulsions violentes procure à l’égard de leurs auteurs un respect engendré par la peur, signe de force et de domination. Ce ne sont pas des délinquants, ce sont juste des enfants qui ne supportent plus que le monde ne soit pas tel qu’ils le souhaitent. Dans les films de bandits de Scorsese, tout le monde redoute Joe Ricci, car il est impulsif, incontrôlable, imprévisible.