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20/01/2009

Réforme du lycée : Descoings

Rien à faire, c'est encore et toujours la même histoire. Pourquoi Richard Descoings, symbolisant plus ou moins la fameuse "positive action" à la française, déclare-t-il que sa première préoccupation pour la réforme du lycée est de "partir des aspirations des lycéens" ?
J'avoue ne pas comprendre pourquoi un homme certainement sensé et compétent devient soudain délirant et ignorant dès qu'il est en charge de l'école.
Ne sait-il donc pas que les lycéens, pour une écrasante majorité, sont des enfants et que l'on ne base pas l'éducation des enfants sur leurs "aspirations" ? Peut-il comprendre que, si on est lycéen, c'est précisément pour apprendre un monde que l'on ne connait pas, et qu'il est donc assez peu vraisemblable qu'on en dise des choses intéressantes ? S'imagine-t-il que c'est en les caressant dans le sens du poil qu'il sera mieux accepté par les lycéens ? Croit-il que pour prendre des décisions de politique éducative, il est nécessaire d'être bien accepté des lycéens? et que dans ce seul objectif, on peut raconter des âneries aussi énormes ? Pense-t-il que les deux millions de lycéens qui ne rentrent pas en classe prepa sont ceux "qui n'ont pas eu leur chance" ? A-t-il la moindre idée du niveau d'un bachelier quelconque ?
Une fois de plus, ça part mal.
Hypothèse 1: il sait que les lycéens n'ont rien à dire, et ses déclarations mensongères sont destinées à les amadouer parce qu'il en a peur. Il a tort et il commet exactement la même erreur que Darcos qui s'est trouvé en position de faiblesse face aux élèves car il avait cru malin de leur dire: "Ce que vous pensez m'intéresse".
Hypothèse 2: il pense que les lycéens ont des points de vue sur lesquels on peut baser une réforme et il est fou à lier.

Les lycéens n'ont en réalité strictement rien à dire sur l'école (comment pourrait-il en être autrement?). Ils sont limités à répéter, de bonne foi et parfois même avec conviction, ce que leur en disent leurs profs en direct ou dans Libé.
Les "aspirations des lycéens", si ça existait, ça se saurait. Et puis, on les trouve où ? Dans les organisations lycéennes, peut-être ? Dans des organisations qui "représentent" environ 0,4% des élèves et où des pauvres gamins de 17 ans se croient rebelles en moulinant toute la journée des discours usés de vieux syndicalistes, un charabia bien pensant des années 80 et une langue de bois dont Georges Marchais n'aurait pas voulu ? Ces quelques-uns là disant "représenter" les lycéens, c'est un peu Jacques Cheminade et Antoine Waechter se déclarant soudain représenter les Français.

15/01/2009

BFM

Participation aux "Grands Debats" de Nicolas Doze sur BFM radio le 7 et le 13 janvier.

24/12/2008

Les Echos du lycée de tous les dangers

L'article était trop long et ils ont du retirer (entre autres) les dernières lignes. Il s'agissait d'une citation extraite de La République de Platon qui convenait parfaitement à mon propos. Les voici:
"(...)le professeur craint ses élèves et les flatte, (...) les jeunes imitent les anciens (...), tandis que les anciens, s'abaissant au niveau des jeunes, se gavent de bouffoneries et de plaisanteries, imitant les jeunes pour ne pas paraitre désagréables et despotiques.
C'est tout à fait ca ! dit-il.
Eh bien, dis-je, mon très cher, tel est le beau et vigoureux commencement duquel nait la tyrannie."

07/12/2008

Dossiers, enquêtes, ...

Et voila, encore un dossier. Cette fois, c'est dans Le Point: "Les profs - Tout ce que l'on n'ose pas dire : les chiffres qui dérangent, le scandale de l'inégalité scolaire", etc, etc... J'ai bien essayé mais non, je ne peux plus. Impossible. Je n'ai pas pu. Pour chaque article, au-delà de la troisième ligne, je cale. Pour moi, lire ces truc-là, c'est comme manger des choco BN après une choucroute en entrée, un cassoulet en plat principal, une tarte tatin et deux parts de pudding pour le dessert. D'ailleurs, je me demande toujours où ils vont chercher les gens qui écrivent de telles quantités de pâte à beignets. Qu'ils ne comptent pas sur moi pour les bouffer.

19/10/2008

Entre les murs

Ca devait arriver, c'est le descriptif d'un professeur de collège qui suit l'esprit et la lettre des directives et programmes du ministère de l'éducation nationale. En somme c'est l'histoire d'un professeur conformiste et discipliné qui respecte les "activités et dialogues" prônés par le ministre. On comprend que celui-ci ait immédiatement salué le succès du film, car c'est une sorte de propagande gouvernementale, qui pourrait être soupçonné d'avoir été fait sur commande du ministère. De bonne foi, et vraisemblablement sans en être tout à fait conscient, Bégaudeau nous montre ce que donne l'école quand, comme lui, on applique précisément les méthodes du ministère, et qu'on aborde les rapports élèves/enseignants conformément aux textes officiels. Si je ne croyais pas l'auteur de bonne foi, je jurerais qu'il a souhaité se faire nommer inspecteur général ou conseiller du ministre. Je suis sorti au bout de quarante minutes d'entre ces murs-là avec une épouvantable envie de vomir. A ne pas voir après manger.