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14/02/2008

Internet assigné en référé par un syndicat (plaisant, non?)

C'était prévisible: le SNES attaque note2be.com (site de notation des professeurs par les élèves) en référé. Le site étant maintenant d'accès facile parce que non embouteillé, on peut le consulter en détail et constater qu'en réalité il y a très, mais très très peu de professeurs notés et, de plus, notés par très peu d'élèves. Peut-être parce que l'information n'a pas encore circulé entre eux, mais peut-être aussi parce que cela ne les passionne pas autant que leurs professeurs. En tout cas, ce que je supposais dans ma précédente note est maintenant avéré: lorsque le site est resté bloqué par un excès de connexions, cela ne pouvait provenir que de professeurs inquiets ou trépignant pour consulter leurs notes et celles de leurs collègues (l'information s'était répandue comme une trainée de poudre par listings de mails, ce qui n'était évidemment pas le cas des parents).
Le SNES évoque des lynchages en place publique, ou des "jugements personnels et subjectifs" pour contrer note2be et demande au ministère de s'associer à sa plainte. De deux choses l'une: soit ce type de sites est promis au succès et l'action du SNES est symbolique, soit les chances de démarrage sont faibles, et le SNES lui donne un sérieux coup de pouce en attirant l'attention. Quant à notre cher ministre, par nature bien brave et incapable de quelle que décision que ce soit, il parviendra sans doute à imaginer une synthèse improbable du pour et du contre.

09/02/2008

L'évaluation des enseignants : naturelle...

Le site note2be.com est débordé, saturé. C'est l'un des premiers à systématiser la notation des professeurs par leurs élèves (les établissements y sont classés, répertoriés sur toute la France) et s'il a disjoncté par excès de connexions après deux semaines de mise en route, je prends le pari qu'il ne s'agit pas d'un excès de requêtes d'élèves impatients de donner des notes mais de professeurs ou de parents impatients de les consulter. Les syndicats s'indignent, s'apprêtent à porter plainte, font circuler des pétitions mais il est vraisemblable que ce soit en pure perte. La seule contre-attaque réaliste est le piratage ou le sabotage, ce qui s'est d'ailleurs peut-être produit.
Je voudrais évoquer deux idées faciles, un peu rapides, et très pratiques dans l'argumentaire contre ce phénomène. La première est celle d'une "notation hystérique" de la part des élèves. Dans l'enseignement secondaire, puisqu'il s'agit avant tout de cela, on les suppose en effet fragiles au point de se précipiter pour mettre une note épouvantable à celui qui vient de les renvoyer de cours ou de distribuer des heures de colle. La seconde idée facile est que l'enseignant se soucierait alors de démagogie pour plaire et se faire bien noter. Je ne suis qu'un enseignant parmi 900000 autres et je n'ai pas la prétention de connaître mieux les adolescents que n'importe quel collègue, mais j'ai la conviction que ce sont deux idées fausses, complètement fausses.
Dans les collèges et les sections générales des lycées, les élèves n'estiment au fond que les enseignants qui les font réellement travailler et qui, de plus, sont assez sévères pour la discipline en cours. Ca, je l'ai vérifié maintes et maintes fois. Quant au fait de se conduire comme un démagogue pour plaire aux élèves coûte que coûte, cela ne tient pas debout car, si on savait comment s'y prendre, on le ferait tous ! Quel enseignant pourrait souhaiter ne pas être aimé de ses élèves ? La réalité est que pour être apprécie de ses élèves, il faut vouloir et savoir les faire travailler, et le faire avec exigence et humanité.
En réalité, la seule chose qu'il faut réellement craindre, c'est l'officialisation de l'évaluation des enseignants par les élèves. Ce qu'il y a à redouter, c'est que le pouvoir s'en empare pour l'institutionnaliser et le faire entrer dans le cadre du ministère. Alors finalement, ce sont précisément ces sites sauvages nos meilleures parades.