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06/11/2009

Désectorisation: une brillante analyse.

Dans le monde du 5/11, on peut lire un article édifiant. Il ne nous apprend rien sur le sujet qu’il traite, mais beaucoup sur l’idée que l'on peut s'en faire quand on ne comprend rien. On y lit que la cour des comptes découvre le risque de ghettoïsation engendré par l'assouplissement de la carte scolaire. Que des bons élèves qui ont le droit d’aller dans de bons établissements y aillent effectivement, c’est, disons-le, une découverte sensationnelle. Des collèges « ambition-réussite » perdraient 10% de leurs élèves. L’ambition de la réussite ghettoïsée, c’est le monde à l’envers ! (A moins que ce soit justement le nom choisi pour ces établissements qui soit à l’envers.) Rappelons une évidence que seul le pouvoir ignore: quand on est un élève de sixième (donc âgé de onze ans), on ne fait certainement pas une heure de trajet aller pour rejoindre son établissement. Donc, le choix est très relatif. Mais ceci est un détail sur ce que le pouvoir refuse absolument de considérer: les différences de capacités des élèves. Il n‘y a rien à faire, ils ne veulent pas en entendre parler. Le Monde non plus, d’ailleurs. Pour eux, l’important, c’est la mixité, mais pas n‘importe laquelle : il faut mélanger ceux qui savent lire et ceux qui ne le savent pas. Le grand quotidien se lamente: "L‘idée était de récompenser les bons élèves des classes populaires. Les enseignants eux-mêmes les invitent à quitter les mauvais établissements, ce qui conduit à la fuite des têtes de classe et à la ghettoïsation." Et il continue: « Même dépit du côté du SNES » . Ainsi, les bons élèves pauvres quittent les mauvais établissements de leurs quartiers. Les salauds. C’est la fuite des cerveaux. C’est bien cette idée qui déplait au SNES et au Monde. S’il y a désectorisation, les bons élèves vont fuir, c’est-à-dire qu’ils vont abandonner les leurs car, pour ces deux pouvoirs, ces élèves sont pauvres avant d’être bons. Leur place est donc dans un établissement de pauvres, pas dans un établissement de bons. Et le journal enfonce le clou, des fois qu‘on trouverait légitime la « fuite »  des bons : "Comment corriger cet effet pervers ?" Les trois réponses données sont drôles ou à pleurer, mais lamentables dans tous les cas. Réponse 1 : « Le SNES réclame plus de moyens » Point final. Bravo pour l’analyse. Réponse 2: Le ministre propose de faciliter l’accès des bons établissements aux élèves issus des ambitions-réussite. « Cela pourrait cependant renforcer la ghettoïsation. » ajoute finement le brillant auteur de l’article. Là, on se demande si le journaliste comprend ce qu’il écrit et si le ministre a entendu la question. Réponse 3 (ils ont mis la meilleure en dernier): "la sociologue Agnes van Zanten propose d’instaurer des quotas d’élèves (bons, moyens, mauvais) dans les établissements."

Visiblement, cette méthode se pratique déjà dans le recrutement des sociologues et des journalistes.