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10/10/2009

ABSENTEISME ENCORE

Une mesure chasse l'autre et on oublie vite. Souvenez-vous, il y a quelques mois, Xavier Darcos créait cinq mille postes de "Médiateurs de réussite scolaire" pour aller chercher les absents. Nous avions tous beaucoup ri. Bon sang mais c'est bien sûr! Si un élève n'obtient pas de résultats satisfaisants, c'est qu'il a un problème relationnel avec sa réussite, voila tout. Il faut donc briser les tabous et lever les malentendus entre eux, l'important est qu'ils se parlent tous les deux. D'où le médiateur. De réussite. Et notre chasseur de primes parcourt les cités pour trouver les hors-la-scolarité. Sa mission: les ramener à l'école coûte que coûte. Comment les convaincre ? En leur offrant un assiette de réussite, c'est de bon coeur. Passe donc nous voir à l'école, on t'a préparé une bonne petite réussite bien chaude, avec des vrais bouts de diplôme dedans. Bon, on n'a pas eu de nouvelles depuis, sans doute cela n'a pas trop marché. Alors, en bonus avec la réussite, offrons-leur de l'argent. Trop fort. Petit, petit... viens... viens voir... Regarde la belle gamelle, c'est pour toi... tu vois, toute la réussite qu'on t'a préparé... approche... regarde... tu vois, j'ajoute un peu de diplôme, c'est pour toi... et là, regarde... je rajoute de jolis euroooooooos... allez, viens, quoi ! Je ne parviens pas à parler de ces mesures sans adopter un ton grotesque, sans faire dans la farce, sans mettre un gros nez rouge, c'est bizarre. A moins que cela ne me soit inspiré par les mesures elles-mêmes. 

23/03/2008

Mieux qu'un journaliste!

Comme des dizaines (des centaines? des milliers???) d'auteurs, j'espère avoir l'honneur d'être lu de quelques journalistes. Mais j'ai eu mieux, puisque le texte suivant m'a été envoyé par le célèbre pédopsychiatre ALDO NAOURI qui vient de publier un livre sur l'éducation en petite enfance:

"Autopsie de l’école républicaine" est un ouvrage remarquable sur les effets catastrophiques de la manière dont on a extrait l'enfant de sa nature d'enfant pour l’éduquer et l’instruire comme s'il était le strict équivalent d'un adulte. À la verticalité rassurante et efficiente de la relation à lui, on a substitué une horizontalité qui obture son devenir en le maintenant dans le statut illusoire de sa toute-puissance.
Le matériel et l'extrême rigueur avec laquelle Michel Segal l'analyse, sans rien laisser dans l'ombre et encore moins au hasard, ne peuvent qu'emporter la conviction : une grave maladie a atteint l'école et l'a rendue moribonde. Accumulant les preuves, l'auteur expose une argumentation et une démonstration des plus brillantes. Dans mon livre "Eduquer les enfants. Une urgence aujourd'hui", je m'associe pleinement à ce réquisitoire en montrant les effets patents, sur les populations défavorisées, de la grave erreur qu’on a commise en croyant devoir penser l’enfant comme on l’a fait.
Souhaitons que cette réalité soit au plus vite connue du pouvoir politique car les enjeux de société, voire de civilisation, sont considérables.
Paris, le 19 Mars 2008, Aldo Naouri.