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21/12/2009

L'histoire de l'histoire.

Mais attention ! C'est pas obligatoire !

L’histoire de l’histoire en terminale S est assez symptomatique. Reprenons : la réforme du lycée se propose de retarder le choix des filières, de l’assouplir, de casser le processus naturel qui faisait se regrouper les meilleurs élèves, de diminuer sensiblement les heures de cours (dans toutes les matières ou presque), donc de baisser le niveau général pour faire du « soutien personnalisé » aux élèves en difficulté, de réduire les programmes à un tel point qu’il sera possible de changer de section après avoir suivi une semaine de remise à niveau pour rattraper tout un trimestre. Bref, voila une réforme qui crée le lycée unique pour prolonger le collège unique.

Visiblement, le gouvernement veut s’assurer à tout prix qu’il suffira d’assister à quelques cours en bâillant d’ennui pour décrocher son bac avec mention, que tous les élèves pourront maintenant aller du CP à la terminale en pilotage automatique et que les meilleurs élèves ne pourront surtout pas se regrouper (des fois qu‘ils aient des velléités d‘exigence envers eux-mêmes). Nul doute que les statistiques de "réussite" vont encore augmenter. Les élèves faibles et les élèves excellents seront neutralisés en même temps par une arme universelle et unique : un programme médiocre pour tout le monde. Alors on peut se demander pourquoi tant de gens se sont rués sur ce presque détail de la suppression de l’histoire obligatoire en terminale S. Eh bien voila, sans aucun doute, la vraie raison de cet emballement généralisé : parce que la mesure était facile à comprendre et à mémoriser. Plutôt que de lire précisément la réforme et de se pencher sur le sens et la direction de cette usine à gaz, on s’est raccroché, pour la critiquer, à un élément simple et compréhensible, y compris par ceux qui ne connaissent rien au problème. Aussi, tout le monde peut y aller de sa déclaration la main sur le cœur, de sa pétition indignée et de son discours lyrique. Même Alain Finkielkraut a foncé tête baissée pour cosigner avec Philippe Meirieu, c‘est dire l‘emportement. Je n’ose même pas imaginer le degré de connaissance qu’ils ont l’un et l’autre des actuels programmes de terminale. Si on interviewait les "grands" noms signataires de ces pétitions en leur annonçant la future suppression du français en terminale S, il y a fort à parier que plus de la moitié d'entre eux se lèveraient de leur chaise pour crier au scandale et appeler à l’insurrection, à coup sûr ignorant que le français en S a déjà été supprimé il y a tellement longtemps qu’on ne se souvient plus de la date.